Au début de son ministère de prédication, Jésus exhorte ses auditeurs à se repentir (Matthieu 4:17). En Luc 13, il déclare que, sans repentance, chacun de nous périra sans exception. Mon degré de «religion» n’a aucune incidence sur la chose, selon Jésus. Personne ne marche sur la voie vers le ciel s’il ne s’est pas repenti de ses péchés. La question se pose donc de savoir ce que «se repentir de ses péchés» veut dire ? Qu'est-ce que la Bible enseigne à ce sujet ?
La signification de la repentance
En soi, le mot «repentance» signifie «changer», se détourner de quelque chose pour se tourner vers autre chose. Se repentir de ses péchés veut donc dire se détourner de ses péchés pour se tourner vers Dieu. Ainsi, le premier stade de la repentance consiste en une prise de conscience de la vraie nature du péché. C’est avoir la conviction de la gravité et de la réalité du mal de mon péché. L’homme en qui la repentance se produit voit que son péché n’est pas une simple erreur de jugement, un manquement, un faux pas. C’est beaucoup plus sérieux que cela. Le péché est quelque chose d'odieux en soi, tout autant qu'abominable aux yeux de Dieu.
Dans la repentance, vient aussi la conviction que le péché encourt une punition (et que celle-ci se produira certainement). Celui qui voit son péché sous son vrai jour en vient à croire que Dieu est juste de le condamner à un enfer éternel. En outre, il est persuadé que si Dieu est vraiment saint, il doit en toute justice punir ce péché.
L'homme convaincu de péché croit qu’il mérite réellement un châtiment éternel. Pourtant, avoir une connaissance technique et intellectuelle du péché est une chose. Prendre et avoir conscience qu'on est personnellement coupable de péché une chose tout à fait différente ! Savoir quelque chose «au sujet» de la culpabilité est une chose ; en connaître la réalité est une chose entièrement différente. Disserter sur le péché ou en connaître la philosophie est une chose, mais en sentir le fardeau et le poids en est une tout autre.
La conviction de péché
La compréhension correcte de la vraie nature du péché devrait entraîner une réaction de détresse et de tristesse. Comment est-il possible d’ouvrir les yeux sur la laideur et la gravité du péché sans en être bouleversé ? C'est assurément le sens que Jésus donne à ses paroles quand il dit : «Heureux les affligés» (Matthieu 5:4). Il ne se réfère pas ici à ceux qui subissent un deuil ou qui connaissent une grande déception. Il parle de ceux qui s'affligent de leur péché. Voir mes péchés sous leur vrai jour devrait m’amener à réagir dans le chagrin et l'angoisse. Je devrais m’en détourner comme on le ferait d'un lieu qui laisse échapper une puanteur terrible.
La pratique de la repentance
Se repentir de ses péchés entraîne aussi, bien sûr, un changement d'attitude. La repentance dépasse le domaine de l'idéologie, car il s'agit d'une manière de vivre. Je me détourne de mon ancienne vie pour mener une nouvelle vie, qui est, elle, tournée vers Dieu.
Il n’empêche que cesser de vivre comme j’en avais l'habitude est extrêmement difficile. Seule la grâce de Dieu me permet d'y parvenir. Se détourner de son péché équivaut en réalité à se détourner de soi-même. Lisez Ésaïe 53:6 pour voir que les hommes se fourvoient quand ils suivent leur propre voie, c’est-à-dire quand ils se tournent vers eux mêmes !
Nous péchons quand nous «faisons ce qui nous plaît», comme on dit aujourd'hui. Pas besoin de se tourner vers une vie de crime ou vers une immoralité grossière pour mener une vie de péché. Il me suffit de tenir Dieu à l'écart de ma vie et de faire ce qui me plaît. Tels que je suis par nature, je décide de me plaire à moi-même plutôt que plaire au Créateur qui m’a créé dans le dessein spécifique de lui porter honneur.
Ainsi, la repentance est un vrai renversement de ce processus égoïste et un abandon de ma propre volonté pour servir pleinement le Dieu vivant. Je dois abandonner mes voies de péché quand je me repens. Hélas, il est possible d'abandonner de mauvaises habitudes seulement pour en adopter de nouvelles ! Il est possible de se détourner d'un péché, pour se tourner vers un autre ! La vraie repentance consiste donc de se détourner du péché pour se tourner vers Dieu.
Examinez Ésaïe 55:7. Tel homme va laisser tomber la boisson et le jeu, mais cela n'est pas servir Dieu ! Il se peut qu'il comprenne enfin l'erreur de sa manière de vivre, mais il ne connaît pas encore la vraie repentance.
Presque toutes les religions amènent leurs «convertis» à abandonner une vie de dépravation et de violence, mais la repentance qui provient de Jésus ramène l’homme à Dieu. Elle requiert la foi, car il s'agit d'un retour vers l'Être même que nous avons offensé. Beaucoup d'hommes cherchent à se cacher de Dieu quand ils décident de pécher. C’est une attitude insensée, car il est impossible de lui échapper de toute façon. Je dois revenir à Dieu, car il est le seul qui puisse me pardonner et me délivrer de la puissance du péché.
La confession du péché
En outre, dans la vraie repentance, je me tourne vers Dieu par amour pour lui. La confession du péché à Dieu ne ressemble pas à la déclaration faite par un criminel convaincu, qui produit sa «confession» dans le simple but de se tirer d'une situation épineuse et de limiter les dégâts. Un tel homme confesse effectivement son méfait, mais c’est parce qu’il voit la montagne de preuves qui se dresse contre lui, et il ne voit aucun autre moyen pour espérer bénéficier d’un acquittement.
Son avocat le persuade de produire une confession en lui faisant miroiter la promesse qu’il risque de bénéficier d'une remise de peine. Dans une telle situation, cet homme n’a aucun sentiment de la méchanceté ou du mal commis. Il n'y a certainement aucun sentiment d'amour pour le respect de la loi ou pour la justice. Il désire seulement sauver sa peau.
Les choses sont très différentes en ce qui concerne le pécheur qui subit une vraie repentance. Il désire posséder une sainteté de vie ; un ardent désir l’habite de voir s'administrer la miséricorde plutôt que la justice. Un profond amour pour Dieu le saisit aussi, un Dieu qui accepte de lui pardonner tout simplement parce que Christ a payé ce qu’il devait à sa place.
L'assurance du pardon
Une confiance en Dieu prend place également. Hébreux 11:6 en souligne la nécessité. Il ne sert à rien de se contenter de faire les choses machinalement avec Dieu. Se tourner vers lui et lui confesser ses péchés tout en se demandant s’il pardonnera revient en réalité à l'insulter. Le fait de désespérer du fait que Dieu me pardonnera est, en soi, déjà péché.
Certains pensent que désespérer de bénéficier de la miséricorde divine est un signe de grâce. Cela est faux. Le désespoir est en réalité de l'incrédulité vis-à-vis de la Parole de Dieu, et cette incrédulité est un péché.
La seule conviction de péché qui est vraie est celle que donne le Saint-Esprit de Dieu. Ce faisant, il a pour dessein de conduire le pécheur à Jésus-Christ. La seule manière de s’assurer que ma conviction de péché est une œuvre de Dieu tient en ce qu'elle me conduit à me confier à Jésus-Christ comme mon Sauveur.
La conviction de péché peut durer et être très intense. Mais, si elle ne m’amène pas au Seigneur Jésus, elle ne vient pas de Dieu. Elle doit s’ouvrir sur une foi dans la voie que Dieu a ouverte en Jésus pour donner le pardon. Quelle qu'en soit l'importance, aucune tristesse ou lamentation en raison du péché ne correspond à la vraie repentance si on n’y trouve pas aussi la foi en Dieu. Si je crois les menaces de Dieu, j’ai aussi confiance en ses promesses.
Georges Macaskill